Groupe Technique
Associé au
Plan de rénovation de l’enseignement des sciences et de la technologie à l’école
La méthodologie mise en œuvre par le Plan est définie par le B.O. N°23 du 15 juin 2000 :
les élèves construisent leur apprentissage en étant acteurs des activités scientifiques.
- Ils observent un phénomène du monde réel et proche, au sujet duquel ils formulent leurs interrogations.
Le déroulement d’une séquence conforme aux objectifs du Plan de rénovation est décrit dans le document " Guide d’analyse d’une séquence répondant au schéma : du questionnement à la connaissance en passant par l’expérience ".
L’objet des développements qui suivent est de préciser comment la recherche documentaire peut et doit intervenir en complément d’une démarche qui conduit du questionnement à la connaissance en passant par l’expérience.
Précisons d’abord les divers sens qu’il est possible de donner à "recherche documentaire" :
En bibliothèque, en BCD, dans un dictionnaire, une encyclopédie ou sur Internet, pour répondre aux questions "productives" de la classe et pour résoudre des problèmes scientifiques qui n'ont pu l'être totalement par la confrontation expérimentale au réel, l'élève doit être capable de :
- rechercher dans un dictionnaire le mot qui pourra éventuellement lui donner des éléments de réponse
- savoir utiliser un index dans une encyclopédie
- comprendre l'organisation d'une bibliothèque pour en tirer quelques ouvrages accessibles et intéressants
- savoir utiliser le sommaire d'un livre
- savoir extraire d'un article l’information intéressante
- savoir décrypter texte, schémas et illustrations d'un article
- formuler une requête efficace dans un moteur de recherches approprié, et savoir distinguer des réponses pouvant présenter un intérêt pour l'investigation en question.
En fait ces compétences s'établissent progressivement et se renforceront au collège (notamment avec les travaux croisés) puis au lycée (avec les TPE), ou au lycée professionnel (avec les PPCP) , en classes préparatoires (avec les TIPE) ou dans les projets de mémoires universitaires...
Depuis l'invasion des images et des écrans dans le monde actuel, on assiste à des réactions contradictoires souvent passionnelles vis-à-vis de leur impact pédagogique . Entre les tenants de l'éducation informelle ("de toute façon les écrans sont là, les jeunes en profitent plus qu'on ne peut imaginer,...") et ceux qui craignent pour la santé morale et intellectuelle des enfants, comment se situer, raisonnablement ?
Plusieurs considérations peuvent être faites, pour aider à réfléchir sur cet impact :
l'introduction de documents audiovisuels pédagogiques depuis le début du siècle a été marquée par un apogée d'efficacité didactique, notamment avec les films courts muets (dans les années 70) présentant des phénomènes que l'élève et la classe devaient interpréter. L'avènement des émissions télévisuelles enregistrées ensuite sur VHS a fait considérablement régresser, en moyenne, la part active de l'élève, car les messages délivrés dans le commentaire éteignent souvent toute recherche.
la qualité des télévisions éducatives mondiales s'est avérée très dépendante des dispositifs pédagogiques accompagnant leur diffusion. Des revues puis des sites Internet proposent de nombreuses pistes d'activités à partir des images diffusées (Téléquébec, BBC Education, NOT, où la Cinquième notamment qui proposent des documents d'accompagnement pour les programmes éducatifs).
(la plus importante) : quels statuts et quelle place donner aux documents par rapport aux confrontations vis-à-vis de phénomènes réels, directement perceptibles par l'élève? Dans quel type de démarche pédagogique ?
Il faut distinguer :
les documents interprétés explicatifs montrant et donnant du sens, et les documents bruts non interprétés où le travail de recherche de sens est à faire par les élèves (exemple : la radio d'une fracture de la jambe, une séquence non commentée d'une éruption volcanique, où des images en accéléré du développement d'une plante, de la fleur au fruit...)
A - pour aider à faire émerger un questionnements, de façon motivante
Exemples : - Une séquence ou une image d'actualité (tremblement de terre par exemple)
- Une séquence d'activité professionnelle (exemple : un chantiers de fouilles archéologiques pour introduire le travail sur fossiles et traces d'évolution)...
B - pour donner des compléments d'information à faire analyser par les élèves
exemple : imagerie médicale du corps humain, ou les exemples des documents bruts cités en 1.
C - pour aider à élaborer une synthèse collective, avec reformulation par la classe de ce qui sera noté dans le cahier, à l'issue d'un travail de recherche
Exemple : tous les documentaires explicatifs (nombreux) souvent issus des émissions de télévision (C'est pas sorcier, E= M 6...), ou toutes les séquences en images de synthèse à visées explicatives (avec la difficulté d'expliciter les codage ou les images analogiques employées)
D - pour réinvestir les connaissances acquises dans d’autres exemples, ou pour l'évaluation
Exemple : séquences ou images montrant des sources d'énergie autre que celle abordée dans le cours , documents ouvrant sur des problèmes plus large d'éducation à la santé ou à l'environnement (par exemple à partir d'une étude très précise sur les pelotes de réjection de rapace, un documentaire sur l'importance écologique de la protection de rapaces...) ou de l'impact des gestes quotidiens sur l'équilibre de certaines chaînes alimentaires ...
A - certains phénomènes ou objets ne sont pas perceptibles directement car ils sont trop grands (en astronomie), trop petits (microbes), trop longs (croissance d'un arbre), trop courts, trop rares (éruptions, séisme), trop coûteux (fusée) ou encore ils appartiennent au passé (histoire des sciences et des techniques)
B - Le réel lui-même peut être investi sous différents angles : par des observations, des expérimentations, des comparaisons.... Mais des documents complémentaires peuvent enrichir ce questionnement du réel : par exemple une séquence sur la banquise ou sur un glacier, sur une chute de neige ou sur la prise en glace d’un ruisseau sera intéressante à analyser, en complément d’une démarche expérimentale sur les changements d'état de l'eau .
C - Un va et vient fécond entre le concret et l'abstrait, entre des phénomènes scientifiques et techniques et leurs applications (par exemple dans le monde professionnel ou dans le fonctionnement d'objets quotidiennement utilisés par l'élève)
Exemples : le film Le vélo en pièces montrant les étapes de sa fabrication permet d'aborder le principe des engrenages sous un angle différent que celui pris lors d'un travail de démontage et remontage ou de manipulations sur un vrai vélo.
Le Plan de rénovation de l’enseignement des sciences et de la technologie à l’école vise à l'acquisition de connaissancest de savoir-faire , grâce à un juste équilibre entre :
L’observation directe de phénomènes et d’objets réels,
l'expérimentation directe,
l'analyse de documents complémentaires
afin de former l'élève aux méthodes scientifiques d'accès à la connaissance, de l'habituer à identifier et vérifier ses sources d'information, développant ainsi son esprit critique et citoyen.
Le rôle des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans le cadre du Plan peut être précisé dans la même logique :
L’expérimentation directe, réalisée par les élèves, est à la base de la démarche mise en œuvre. Dans cette perspective, l’observation du réel et l’action sur celui-ci ont la priorité sur le recours au virtuel.
Cette considération n’est pas contradictoire avec l’importance du recours aux TIC dans le cadre de la recherche documentaire, que ce soit pour la consultation de documents qui viennent compléter l’observation directe ou de références qui permettent la confrontation des résultats de l’expérience au savoir établi.